La Fanfare ToTO, une invention des frères Locomotive

Portraits de famille

La Fanfare Toto - Emile l'HabileTout d'abord, il y a Emile l’habile !
Dit « Monsieur Montre » ! Intendant et garant de l’ordre musical, armé de son Tuba, il fera justement « montre » d’un sérieux emprunté, et même outré, qui le caractérise, face à nos écarts de langages et autres futilités accessoires… Son obsession chronométrique est le fruit d’une longue carrière de chercheur au sein de l’INRT (Institut National de Recherche Temporaire) qu’il consacra à la fameuse théorie de la ponctualité. Quand, avec un génie rare, bien entendu méprisé par ses confrères, il finissait par découvrir que l’espace-temps tout entier converge entre midi trente et une et midi trente trois, il jette l’éponge, et il décrète à la face du monde cette vérité : « Il est midi trente deux ! ».

La Fanfare Toto - Eugène la SueurIl est notre sauveur, et c’est Eugène la Sueur !
Fatigué par une vie de labeur, de tant de bruits, et de mauvaises humeurs, après avoir été transporteur, escarbilleur, rémouleur, cuisinier, tailleur, pompier, plombier ou bétonneur, Eugène, dit aussi « le roi de  l’afteure », tombe un jour sur ce bout de tuyau communément appelé : saxophone soprano. Il décide alors que dorénavant, il ne mouillera la chemise que pour faire des solos ! Et c’est tout naturellement qu’il rejoint la fratrie, je parle de la famille Locomotive, seul orchestre capable d’accueillir avec brio, la sagacité virevoltante et hypnotique de notre fameux prodige !

La Fanfare Toto - Félix le CharmeMesdames, mesdemoiselles, il est temps de vous parler de Félix le Charme !
Sa peau est satinée, son œil est vif, et son poil luisant. Ses coupes de cheveux excentriques et son talent de capilliculteur illusionniste lui vaudront, en son temps, les couvertures des plus grands magazines illustrés ! Mais, laissons cela, sa modestie quasiment maladive nous interdit de nous étaler sur son charisme naturel. C’est avec le même souci d’humilité, d’ailleurs, que notre cher Pygmalion s’évertuera à donner au son de sa trompette, une couleur et un souffle continu quasiment impeccables. Son ancien maître professeur et célèbre musicien Didier-Guy Lepsi aura eu ce bon mot à propos de lui : « Ce Félix Locomotive, c’est une vraie bouche en train ! ».

La Fanfare Toto - Lucien la NatureIl a une fière allure, c’est Lucien la Nature !
À ce jour, seule personne répertoriée soufrant de ce mal encore mal connu, j’ai nommé la décalcophonie… Probablement contracté lors d’un voyage inventé au pays des chimères, il semble n’avoir aucune conscience de ce souci d’élocution ! Est-ce par bienveillance ou pour amuser la galerie ? Ses frères Locomotive lui permettront d’endosser le rôle de Monsieur Loyal au sein de ce drôle d’orphéon. Son énergie naturelle et sans cesse renouvelée saura compenser tout problème de compréhension. L’usage du saxophone ténor dont il aura appris les rudiments en écoutant l’illustre Col Train lui donne l’occasion d’exprimer toute la violence de ses émotions ! Selon son expression favorite :  « Abstention ! Couvrez bien vos pareilles ! Et glace à la mastique ! »*

La Fanfare Toto - Aristide le BruyantDirecteur atypique de la section rythmique, Aristide le Bruyant !
C’est le sourd-muet de la famille, vous ne l’entendrez qu’au son de la baguette ! Son handicap fut causé par un accident de jeunesse lors d’une manipulation de dynamite en terrain miné… Il développe alors une sorte de 6ème sens, selon la technique dite du « sonar ». Ce qui donne à son touché de caisse claire, une sensibilité incomparable pour ne pas dire un son rare!
Seul effet secondaire connu et plutôt négligeable : son penchant gastronomique pour les insectes et quelques moments d’absence…

 

Alfred l'Austere - La Fanfare TotoEt enfin voilà Alfred l'Austère !
Parti aux Amériques pendant de longues années, Alfred est revenu de son long voyage pour rejoindre la fratrie afin d’assurer une bonne tenue aux prestations familiales. Avec son banjo précis, il remet souvent tout le monde en place et jure bien souvent en anglais lorsque ses frères se laissent aller à des envolées lyriques et autres égarements de l’ancien monde. Austère, il l’est, mais lui aussi ne résiste pas bien longtemps aux facéties et se laisse parfois emporter par sa fougue et sa grandiloquence héritées du grand ouest.

 

 

 

 

N’oublions pas nos remplaçants ! 

 

La Fanfare Toto - Célestin le FinNotre aîné : Célestin le Fin !
À l’apogée de sa carrière, et après des années de bons et loyaux services en tant que chef d’orchestre émérite au sein de l’illustre ensemble symphonique du Gewurztraminer, il prend congé de cette haie d’honneur. Après une retraite méditative et silencieuse au sein de je ne sais quel sanctuaire oublié et lointain, il refait surface sur la terre de ses ancêtres Locomotive. Il rejoint l’orchestre familial au pupitre des cordes pincées, en fait il sera le seul, doté de son banjo. Son autorité bienveillante, bien que parfois chahutée par ses frères, donnera le ton et la rigueur à l’ensemble. Excusez-moi mais, pardon ! Il est notre diapason !

 


J’appelle aussi Bertrand le Placide !
Il a écumé tous les styles de musiques avec sa grosse caisse. Sans ciller, il a exécuté les morceaux de plus haute voltige (mais aussi plusieurs grosses caisses récalcitrantes...) avec un calme olympien, presque surnaturel, et une exubérance à faire pâlir un galet ! Précis mais surtout concis, toute sa verve s'exprime par un poum habilement placé ou bien un paf finement ciselé...
Sans fioriture aucune, Bertrand va à l'essentiel, l'essence de la musique, la quintessence de la grosse caisse (et parfois de la caisse claire) ! C'est un des seul représentant de son espèce capable de se figer de joie ou bien de s'immobiliser de rire ! Certains l'ont même observé impassible de rage ou bien devenir stoïque de colère ! Imperturbable, il arrive, il exécute le répertoire des Frères Locomotive d'une main de maître... puis il repart... souhaitons lui bonne chance, et disons lui merci !

 

Honoré le Sec !
Après sa victoire incontestée au lancé de charbon lors du concours international des escarbilleurs, sa médaille d’or de mangeur de boudin aux olympiques de Mortagne aux perches, et nombre d’homologations au Guinness des Ressorts (concours d’invisibilité, de brûleur de calomnies, et constructeur de panoplies…), notre ami Honoré fut pour le moins séché par un simple concours de circonstances auquel il finit dernier de sa catégorie ! Dès lors, il arpenta assidûment les bistrots de sa région en quête d’une ivresse consolatrice… Hélas, son aptitude exceptionnelle à supporter l’ingestion de toutes sortes de substances ne lui permettait pas ce caprice ! Dépité mais jamais excédé, et n’y voyez cependant aucun lien de cause ou d’effet, notre cher benjamin dénommé Honoré, se mit à la grosse-caisse ! Ce surplus de rondeur donnera à sa verticalité ascétique une assise idéale, et au vu de l’instrument, atypique !

 

Alphonse Fonce, qui prend parfois le poste à la grosse-caisse !
Ayant pratiqué toutes sortes de fonctions improbables, comme rabatteur de pucerons sur champ de choux, épouvantail anti-corbeaux sur terrain glissant, ou hypnotiseur de kangourou en milieu tempéré, Alphonse a l’habitude de prendre la place qu’on veut bien lui donner. Il développera ainsi l’art difficile du camouflage ! C’est un rapide, et c’est aussi un personnage ombrageux. Quand il fait sombre, il y voit clair, et quand les gens sont trop pâles, il fonce, presque noir de colère ! Parfois il rentre en transe et tout va de travers, d’autre fois, c’est une chance, il boucle son affaire … Au sein de la fanfare, disons le, il nous éclaire !

Philémon de Piété, notre frère et frère de sa communauté.
Il débuta très tôt dans la musique en tant que joueur de flûte et au sein de l’orchestre du village d’Hamelin. Il y joua tant et si bien qu’il en fut expulsé par excès de virtuosité… Le caractère obsessionnel de son penchant pour les mélodies longues et envoûtantes mêlé à une pratique continue de son instrument, lui donnèrent le don d’hypnotiser son entourage… Après avoir, une fois de trop, sinistré je ne sais quel Philharmonique prestigieux que l’on retrouva en déroute au fin fond d’une rivière, notre pauvre Philémon, écoeuré par cet ultime coup du sort, pris sa retraite. Il rejoignit avec force contrition la communauté des frères du silence. Ce n’est que pure charité s’il vient parfois nous dépanner, en remplaçant le Lucien ou l’Eugène, au son du saxophone ténor ou soprano. Pour lui, toute une épreuve !

 

* Ndt : « Attention ! Ouvrez bien vos oreilles ! Et place à la musique ! »

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